Analyse d'une courbe de charge Enedis : le rapport Parsewatt en images
Vous récupérez une courbe de charge (fichier 5-minutes ou 10-minutes) et vous devez en tirer une analyse exploitable : talon, puissances max, conformité de l'abonnement, profils d'usage. Voici, section par section, le rapport d'analyse que Parsewatt produit à partir d'un simple glisser-déposer du fichier dans le navigateur.
Vidéo de présentation rapide
Rapport de synthèse
Les captures ci-dessous proviennent d'un rapport généré sur des données de démonstration au format R63 (pas de 5 minutes, une année complète, ~105 000 points de mesure).
Découvrir le rapport complet (PDF) → pour se faire une idée directement, sans lire l'article.
Ce que contient un rapport d'analyse de courbe de charge
Un rapport Parsewatt contient sept familles d'indicateurs : une synthèse globale (consommation, puissance max, facteur de charge), la détection automatique des périodes d'arrêt par la méthode d'Otsu, le talon de consommation en quatre lectures (minimum, P10, médiane, moyenne), son suivi mois par mois, la conformité de la puissance souscrite calculée au pas de mesure natif, la courbe monotone accompagnée des profils types, et le décompte des mesures estimées ou corrigées.
1. La synthèse globale
En un écran : consommation totale, puissance moyenne, puissance max, puissance souscrite, période analysée et facteur de charge. Le facteur de charge (Pmoy/Pmax) est accompagné de repères d'interprétation (~20–30 % pour un bâtiment tertiaire, au-delà de 50 % pour un process en continu) pour situer le site d'un coup d'œil.
2. La détection automatique des périodes d'arrêt
La plupart des sites vivent deux régimes : « en marche » et « à l'arrêt ». Parsewatt les sépare automatiquement par la méthode d'Otsu (seuillage statistique) : le seuil est trouvé au creux de la distribution des puissances mesurées, sans aucun paramétrage. Sur cet exemple, le seuil détecté est de 700 kW : les week-ends, jours fériés et fermetures effectives sont ainsi identifiés sur les mesures réelles, pas sur un calendrier théorique.
3. Le talon de consommation, en quatre lectures
La notion de talon n'est pas normée : selon les bureaux d'études, elle désigne le minimum, un percentile bas ou une valeur typique. Plutôt que d'imposer une convention, le rapport donne les quatre lectures (minimum, P10, médiane, moyenne) calculées sur les seules périodes réellement à l'arrêt. Ici : min 1 kW, P10 58 kW, médiane 74 kW, moyenne 168,9 kW. Chacun retrouve sa convention, et la consommation permanente annuelle qui en découle est chiffrée (648 240 kWh/an sur cet exemple).
4. Le suivi mensuel du talon
Le talon est aussi découpé mois par mois. Sur cet exemple, un mois sort nettement du lot : avril affiche 500 kW là où tous les autres mois tournent autour de 72 kW. Le rapport ne décide pas à votre place de ce que ça signifie (équipement resté en marche, changement d'usage), mais il rend l'écart impossible à manquer.
5. La conformité de la puissance souscrite
C'est le point où la méthode de calcul change tout. Les puissances max sont calculées au pas de mesure natif (5 minutes ici), pas sur des moyennes horaires. Sur cet exemple : un pic de 2,15 MW un vendredi soir de novembre dépasse la puissance souscrite de 2 000 kVA, un seul point sur 105 120 mesures, soit 0,00 % du temps. Moyenné à l'heure, ce dépassement disparaît complètement du radar.
Le rapport précise aussi ses limites : la puissance réactive n'étant pas présente dans ce fichier, la conformité est évaluée sur la puissance active, et le rapport vous invite à demander un export incluant la réactive pour trancher. Un chiffre annoncé, c'est aussi son périmètre de validité.
6. La courbe monotone et les profils
Les vues classiques attendues d'une étude sont là : courbe monotone (puissances classées) avec Pmax, Pmoy, talon et puissance souscrite superposés, courbe de puissance annuelle avec P90, profil horaire moyen, comparaison saisonnière hiver/été, profil semaine vs week-end, croisement saison × activité, et le top 10 des pics horodatés.
7. La qualité des données
Chaque mesure d'une courbe de charge porte un statut (brute, validée, estimée, corrigée). Le rapport le comptabilise : sur cet exemple, 99 % de mesures fiables et 576 mesures estimées (1 %) sont signalées. Vous savez sur quoi reposent vos chiffres, rien n'est masqué.
Le rapport comparatif : comparer deux périodes
À côté du rapport de synthèse, Parsewatt propose un second livrable : le rapport comparatif, qui met deux périodes du même site côte à côte plutôt qu'une seule période isolée.
Vous choisissez deux dates de départ et une durée commune (7, 30, 90 ou 365 jours), et le rapport calcule l'écart, en valeur et en %, sur : la consommation totale (kWh), la puissance moyenne et max, le P90, le talon de consommation, le facteur de charge, et le coût tarifaire estimé si un tarif est configuré. Les deux courbes de charge sont superposées sur un même axe temporel relatif (heures depuis le début de chaque période), pour visualiser le décalage d'un coup d'œil.
Trois cas d'usage reviennent souvent : comparer une année sur l'autre (N vs N-1) pour suivre une évolution, comparer avant/après des travaux ou un changement d'équipement, ou comparer été et hiver sur un même site pour en caractériser la saisonnalité. C'est notamment le cas typique d'un installateur photovoltaïque qui veut objectiver la baisse du soutirage réseau après la mise en service d'une installation.
Comme le rapport de synthèse, il est généré entièrement dans le navigateur et s'exporte en PDF.
Et deux modules d'optimisation
Le rapport et le comparatif répondent à deux questions : que dit cette courbe, et qu'est-ce qui a changé. Deux modules en version bêta prolongent l'analyse avec deux regards en miroir sur la facture.
L'analyse tarifaire prend la courbe telle qu'elle est et cherche le contrat le plus adapté : comparateur Base / HP-HC / Tempo sur la courbe réelle pour le particulier, facture estimée hors TVA pour le professionnel (TURPE C4/HTA, fourniture et taxes) avec optimisation de la formule et des puissances souscrites, économie chiffrée en euros.
Le Radar fait le chemin inverse : à contrat donné, il repère les passages de la courbe qui méritent un examen (activité en dehors des habitudes, frontières HP/HC non respectées, dérive du talon). Chaque constat est daté et accompagné du calcul qui permet de le vérifier : c'est vous qui jugez.
Comment c'est produit
Les fichiers sont analysés directement dans votre navigateur : les données ne quittent pas votre poste, aucun envoi vers un serveur. Les rapports (synthèse et comparatif) sont générés en quelques secondes et exportables en PDF.
Pour aller plus loin sur le format des fichiers eux-mêmes : 10 subtilités des courbes de charge Enedis que vous devez connaître.