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Hausse du TURPE au 1er août 2026 : combien pour votre site ?

Chaque 1er août, la CRE révise le barème d'acheminement de l'électricité. Les articles généralistes annoncent une hausse moyenne ; votre site, lui, n'est pas moyen. Voici comment chiffrer l'effet réel de la révision sur une courbe de charge, composante par composante, avec un exemple calculé au centime.

Par l'équipe Parsewatt7 min de lecture

Une hausse moyenne ne dit rien de votre site

Le TURPE représente environ un tiers de la facture d'électricité. Sa révision annuelle est donc un événement budgétaire réel pour un site industriel ou tertiaire, et la première question d'un client à son bureau d'études en août est souvent la même : « concrètement, ça me coûte combien ? ».

Le problème des pourcentages moyens publiés dans la presse spécialisée : ils s'appliquent à un profil qui n'existe pas. La révision ne bouge pas toutes les lignes du barème de la même amplitude, et deux sites qui paient le même montant d'acheminement peuvent subir des hausses très différentes selon la structure de leur consommation. La seule réponse honnête se calcule sur la courbe de charge du site, pas sur une moyenne nationale.

Où la révision frappe : la structure du TURPE

Pour un contrat C4 (BT > 36 kVA) ou HTA, l'acheminement se décompose en composantes qui ne réagissent pas pareil à une révision :

  • La part énergie (soutirage variable) suit vos kWh, avec un prix par classe temporelle : un site énergivore encaisse la hausse de ces prix au prorata de sa consommation.
  • La part puissance (soutirage fixe) suit vos puissances souscrites : elle pèse davantage sur un site sur-souscrit que sur un site bien dimensionné.
  • Les dépassements (CMDPS) suivent vos pointes : un site qui dépasse régulièrement voit ce poste renchérir avec le barème.
  • Gestion et comptage (CG, CC) sont quasi forfaitaires : leur hausse est la même pour tout le monde, et marginale.

Autrement dit : selon que votre facture d'acheminement est portée par l'énergie, par la puissance ou par les dépassements, la même révision ne produit pas le même pourcentage. C'est ce que l'exemple qui suit rend visible.

L'exemple chiffré : un atelier C4 de 256 MWh

Prenons un site type, représentatif d'une PME industrielle : un atelier raccordé en C4, environ 256 MWh par an, un talon de 16 kW la nuit et le week-end, 48 à 54 kW en journée ouvrée, quelques matinées froides d'hiver à 68 kW. Puissances souscrites 60/60/66/66 kVA en formule CU, plages heures creuses 22 h-6 h. Les montants ci-dessous sont calculés par le moteur tarifaire de Parsewatt sur la courbe de charge complète, aux deux millésimes de barème TURPE 7, à courbe, puissances et période strictement identiques :

ComposanteBarème du 01/08/2025Barème du 01/08/2026Écart
Composante de gestion (CG)217,80 EUR222,53 EUR+ 4,73 EUR
Composante de comptage (CC)283,27 EUR291,88 EUR+ 8,61 EUR
Soutirage, part puissance (CS fixe)1 143,96 EUR1 179,00 EUR+ 35,04 EUR
Soutirage, part énergie (CS variable)10 057,15 EUR10 358,66 EUR+ 301,51 EUR
Dépassements (CMDPS)446,76 EUR460,44 EUR+ 13,68 EUR
Acheminement total HT/an12 148,94 EUR12 512,51 EUR+ 363,57 EUR

Soit + 363,57 EUR HT par an (+ 3,0 %) pour ce site. La lecture intéressante n'est pas le total, c'est sa répartition : 83 % de la hausse vient de la part énergie (+ 301,51 EUR sur la CS variable). Ce site est énergivore avec des puissances bien dimensionnées ; un site au profil inverse (fort en puissance, faible en kWh) subirait la même révision très différemment. C'est exactement pour cela qu'un pourcentage moyen ne peut pas répondre à la question d'un client.

La méthode : deux barèmes, une seule courbe

La règle qui rend la comparaison honnête : ne faire varier que le barème. Même courbe de charge, mêmes puissances souscrites, même période, et chaque colonne applique intégralement son millésime, prix et classes temporelles compris. Le delta isole alors l'effet de la révision de toute autre variable (une année plus froide, un changement de process, une modification de contrat).

Dans Parsewatt, ce comparatif est intégré à l'analyse tarifaire : déposez le fichier de courbe de charge, renseignez la formule et les puissances souscrites, et le document généré contient une section « Effet de la révision du barème » avec le tableau composante par composante, comme ci-dessus, calculé sur votre site. Un sélecteur de barème permet aussi de valoriser toute l'analyse à l'ancien millésime si besoin. Là où il fallait deux études et un rapprochement manuel, il y a désormais une génération.

Ce que ça change pour vos recommandations

Chiffrer la révision n'est pas qu'un exercice de communication client. Deux usages concrets pour un bureau d'études :

  • Vérifier qu'une recommandation tient sous le nouveau barème. Un optimum de puissances souscrites ou un arbitrage CU/LU calculé au printemps mérite d'être revalidé après la révision : les prix relatifs des composantes bougent, l'optimum peut bouger avec eux.
  • Prioriser les actions. Si la hausse d'un site est portée par la part énergie, les leviers sont côté consommation (talon, efficacité) ; si elle est portée par les dépassements, l'optimiseur de puissances souscrites de l'analyse tarifaire chiffre directement le gain d'un ajustement.

Ce que ce chiffrage n'est pas

Le calcul répond à « combien coûterait cette consommation à ce barème », pas à « combien a-t-elle été facturée ». Les montants sont des estimations d'acheminement hors taxes (hors CTA, accise et TVA), certaines composantes de cas particuliers ne sont pas modélisées, et les plages heures creuses, fixées localement par le gestionnaire de réseau, sont à vérifier sur votre contrat. Depuis la réforme des heures creuses, certains contrats reçoivent en outre des plages différentes entre l'été et l'hiver : l'analyse applique les mêmes plages toute l'année et le signale dans le rapport. Chaque rapport rappelle ces limites en toutes lettres : c'est un outil de décision, pas une facture reconstituée.

Le 1er août n'a d'ailleurs pas bougé que l'acheminement : les tarifs réglementés de vente (fourniture des particuliers et petits professionnels, segment C5) ont aussi été révisés à la même date. Le comparateur Base / HP-HC / Tempo de Parsewatt est à jour de ce barème du 1er août 2026, y compris le palier Tempo 24 kVA, de nouveau publié après plusieurs années d'absence.

L'analyse tarifaire est par ailleurs une fonctionnalité récente de Parsewatt, en amélioration continue : recoupez ses résultats avec vos factures avant toute décision d'engagement. Pour le détail des tarifs couverts (C5, C4, HTA, option Tempo), voyez la FAQ analyse tarifaire et TURPE.

Chiffrez la hausse sur votre courbe de charge

Déposez un fichier Enedis, renseignez votre contrat : le comparatif des deux barèmes est dans chaque analyse tarifaire professionnelle.

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